Travailler comme indépendant à l’étranger : les obligations administratives en dehors de l’EEE

Travailler dans un autre pays de l’Espace économique européen entraîne des formalités, mais pour la plupart des couvertures de notre État-providence, il n’y a pas tant de différences avec notre pays. En revanche, celui qui veut s’établir en dehors de l’EEE, devra affronter de plus grandes difficultés.

Documents de voyage
Les documents dont vous devez vous munir dépendent bien sûr de votre destination. Une bonne information est essentielle, car il s’agit ici de plus que de simples vacances à l’étranger. La meilleure source sera dans tous les cas l’ambassade de votre pays de destination. Souvent, vous aurez bien sûr besoin d’un passeport international valide (qui doit parfois encore avoir une validité de quelques mois jusqu’à un an après que vous ayez quitté le pays). Vous obtiendrez facilement ce passeport au service population de votre commune. Attention, cela peut parfois prendre du temps. Pour beaucoup de pays, il est également nécessaire d’avoir un visa. Celui-ci sera délivré par l’ambassade du pays de destination. En outre, un titre de séjour et un permis de travail peuvent être nécessaires. Pour certains pays, ceux-ci risquent d’être difficiles à obtenir.

Impôts
Comme pour un travail au sein de l’Espace économique européen, il est également recommandé de prendre ses précautions concernant les impôts. Nous vous conseillons de vous renseigner auprès de votre bureau des contributions ou du centre de contact du SPF Finances.

Assurance-maladie
Ici, de sérieux problèmes peuvent se présenter. Sur base de la législation belge, vous êtes seulement couvert dans le cas d’une hospitalisation d’urgence. Votre couverture belge vous remboursera une partie de vos frais: un montant fixe par journée d’hospitalisation. Attention, ce montant peut être nettement inférieur aux coûts réels. Pour les autres soins médicaux au cours de l’hospitalisation, l’intervention se fait également selon les tarifs belges. La consultation chez le médecin ou chez le dentiste et l’achat de médicaments en dehors de l’hospitalisation d’urgence ne sont pas remboursés ! Votre meilleure source d’information sera votre mutuelle actuelle. N’oubliez pas qu’il existe des assurances privées qui prévoient un rapatriement et des soins à l’étranger. Lisez attentivement les contrats. Il est intéressant de savoir que la carte européenne d’assurance-maladie offre une couverture pour tous les soins médicaux urgents… en Australie !

Ce n’est pas parce que votre mutuelle belge ne vous couvre pas, qu’il vous est impossible de vous inscrire auprès d’une mutualité locale, qui offre également dans de nombreux pays une bonne couverture. Pour les pays où le système de santé n’est pas très développé, il est possible de prendre une assurance auprès de l‘Office de Sécurité Sociale d’Outre-mer (OSSOM). Grâce à cette assurance, vous resterez entièrement couvert par le système belge de sécurité sociale.

Chômage
Il est utile de passer à l’ONEM avant votre départ pour savoir ce que vous devez faire si vous perdez votre emploi à l’étranger. Beaucoup dépendra évidemment de votre destination. Est-il utile de mentionner que la plupart des pays au monde ont un système de sécurité sociale bien moins développé et moins généreux que le nôtre ? N’espérez pas, dans un autre pays, avoir des allocations illimitées dans le temps ! Souvent, les conditions d’accès aux allocations de chômage sont bien plus sévères que chez nous. Il ne sera pas non plus possible d’avoir droit à des allocations sur base de votre travail en Belgique.

Partir travailler en dehors de l’EEE est, dans de nombreux cas, un “saut dans l’obscurité”. Cela ne veut bien sûr pas dire que cela ne puisse pas en valoir la peine, bien au contraire. Il faut simplement très bien s’informer pour éviter des surprises désagréables.

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